« J’ai toujours été en admiration pour les inventeurs, les innovateurs. Et je voulais à mon tour être un citoyen utile à la société »
Présente-toi en quelques phrases :
« Bonjour, je m’appelle Seydou DOUMBIA, j’ai 29 ans. Scolairement, j’ai une maîtrise en administration à l’Université Laval (à Québec), et une maîtrise en marketing à Toulouse (France). Ensuite, j’ai travaillé pendant un an en tant que conseiller en démarrage d’entreprise. Depuis avril 2008, je travaille à mon compte. »
Quel est ton projet ?
« Il s’agit d’une marque de vêtement : REF Clothing. REF est le diminutif du mot référence, car les jeunes doivent être une référence pour les aînés et les politiques. De plus, REF sont aussi les initiales de Responsable et Engagé pour le Futur pour que les jeunes soient des référents les uns pour les autres, un peu comme les architectes de notre futur. Enfin, les vêtements sont issus de produits bio provenant du commerce équitable et 5% de chaque achat contribue à une œuvre caritative. »
Quelles démarches as-tu entrepris pour monter ton projet ?
« J’ai commencé par les structures de financement institutionnel, telles que les banques. Mais étant donné que je suis immigrant, les portes ne se sont toutes ouvertes à moi. Le besoin de financement pour mon projet s’élève à 85 000$. Je me suis donc adressé à des programmes gouvernementaux. J’ai demandé 15 000$ au FEECQ (Fonds d’emprunt économique communautaire à Québec) ; le même montant à la FCJE (Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs). J’ai également fait une requête au CLD (Centre local de développement) et au FLI (Fonds local d’investissement), mais j’ignore ce qu’ils peuvent me donner. »
Quel(s) financement(s) as-tu obtenu ?
« Pour l’instant, aucune démarche de financement n’a abouti. J’aurai les premiers résultats en septembre prochain. Donc, en ce moment, l’entreprise fonctionne sur mes investissements personnels. En revanche, j’ai obtenu une bourse du OFQJ (L’Office Franco-Québecois pour la Jeunesse) pour un voyage d’affaire en France, un montant s’estimant à environ 2500$, billets d’avion compris. »
As-tu des anecdotes ? Des erreurs à ne pas commettre ?
« Comme je le disais précédemment, quand on est immigrant, la principale difficulté est d’obtenir une carte de crédit auprès d’une banque. Par ailleurs, le fait d’être loin de ma famille et de mon entourage me prive également du "Love money". C’est-à-dire de leur aide monétaire, car ce réseau est quasi inexistant ici. »
Sous quelle(s) condition(s) as-tu obtenu tes subventions ?
« Il faut montrer sa capacité de remboursement, prouver que son entreprise va pérenniser, et très vite avoir une source de revenu régulière. En ce moment, j’ai ponctuellement un soutien de travailleur autonome (environ 1300$ par mois) »
Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui veut financer son projet ?
« D’abord, qu’il identifie bien les critères de financement des organismes auxquels il s’adressera. Par exemple, le FEECQ ne finance que les projets dont le siège social est à Québec. Ensuite, qu’il fasse une estimation financière réaliste par rapport à son projet : ni trop "gonflé", ni pas assez. En outre, ne pas baisser les bras face aux imprévus et aux délais d’attribution d’une bourse ou d’un financement. Et pour conclure, prouver l’utilité de son projet, qu’il est innovant et lucratif. Par exemple, ne pas hésiter à demander des lettres d’intention auprès d’entreprises intéressées par vos produits. »