Joé Juneau
Photo : Pascale Nycz
Jouer aux cartes, passer du bon temps ou faire le tour du monde, voilà ce qu´aurait pu être le programme de Joé Juneau. Mais pour le jeune retraité de 40 ans, pas question de se reposer. Après treize saisons dans la Ligue nationale de hockey, il a choisi, en 2006, de relever un nouveau défi : faire face au décrochage scolaire des jeunes Inuits en alliant pratique du hockey et études.
Son "flash d’aller vers ces jeunes"
La persévérance de ce sportif, diplômé en aéronautique « au cas où », l’a vite propulsé sur le haut du podium. Et pour Joé, le challenge c’est dans le sport comme dans la vie. Lors d’un voyage au Nunavik, il découvre la réalité des jeunes Inuits. « Personne ne s’occupait d’eux, ni instructeurs ni parents. Beaucoup jouaient au hockey, mais étaient livrés à eux-mêmes, et c’était au détriment des études ». Il décide alors de s’engager auprès d’eux. « Pour construire quelque chose dans la durée, j’ai vite compris qu’il fallait s’impliquer à temps plein. »
Le hockey comme outil pour garder les jeunes à l’école
Et l’ancien champion ne s’adresse pas qu’aux élites. Plutôt que « performance », ce sont« présence à l école, efforts et comportement » qui deviennent ses maîtres mots. Et si un des élèves manque à l’une de ces valeurs, il est suspendu de l’équipe de hockey pour la semaine. « Mais on n’abandonne jamais un jeune, au contraire. L’entraineur le reçoit, prend le temps de s’asseoir et l’aide à se reprendre pour la semaine suivante. »
Plus que la technique, c’est donc une réelle école de la vie qu’inculque Joé aux jeunes Inuits par son programme. « C’est savoir travailler, vivre en équipe, croire en soi et en l’avenir, et surtout être encadrés que nous apportons à ces jeunes. »
Viser dans le mille
Son investissement est total (de « 10 à 12h par jour physiquement et de 24h sur 24 mentalement »)et porte déjà ses fruits, déclare-t-il.
Car même si aucun de ses jeunes élèves n’a encore intégré la Ligue nationale, le premier but de Joé est ailleurs. « Quand tu vois ce que ce programme produit chez des jeunes, et même chez les pires, tu te dis que tu vises dans le mille. Et il faut y croire, toujours, et convaincre du monde pour y aller ensemble. » En tout cas, nous on y croit.
Photos : Pascale Nycz