Dialogue entre la gouverneure générale et les jeunes
Apathie ou démocratie ?
Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada
Photo : Thierry Ha
Protocole oblige, on nous présente son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada. On nous rassure. Son Excellence est présente pour partager nos idées, écouter nos points de vue et répondre à nos questions. Présentée ainsi, pas étonnant que les jeunes provenant de l’étranger soient ébahis devant son souci de les écouter en leur donnant la parole. Mais le conte de fées prend rapidement un virage qui met à l’épreuve la rectitude politique lors de l’échange.
« Je ne suis pas admissible aux prêts étudiants puisque mes parents gagnent un salaire trop élevé. Pourtant, si je me mariais, je serais annuellement admissible à 10 000$ en prêts ! Vous ne trouvez pas ça ridicule ? Je veux dire, comment on pourrait changer les choses ? »
Une jeune Québécoise a eu l’audace d’aborder le sujet avec la gouverneure générale. Résultat : une langue de bois, des hésitations. L’animateur vient à sa rescousse et nous indique que le principe de la discussion n’a pas été saisi. Selon lui, nous nous devons de faire des commentaires et de nous poser des questions pour qu’à la fin, son Excellence nous donne son opinion. Comme nous sommes rassemblés pour l’évènement « Dialogue entre la gouverneure générale et les jeunes », nous nous demandons comment dialoguer si notre interlocutrice ne nous retourne pas la balle ?
Quoi qu’il en soit, la présence monarchique a été relevée par des performances artistiques des plus originales. Chapeau aux artistes venus de partout à travers le Canada ! C’est rare qu’on puisse applaudir, le même soir, du rap algonquin, du reggae innu, Arianne Moffat et tant d’autres qui font la promotion de leur culture en étant fiers de leur langue.
Une mention spéciale aussi à l’originalité brillante de la traduction simultanée. Des casques d’écoute sous forme de stéthoscopes étaient disponibles pour venir en aide à ceux qui avaient des lacunes en français ou en anglais. Une analogie brillante pour rappeler à ceux et celles qui ne sont pas bilingues que ce petit handicap se soigne.
Photos : Thierry Ha