Lorsque vient le temps des bleuets, le dispensaire de la réserve autochtone de Manouane est vide : tout le monde est parti aux petits fruits. « À cette période de l’année, c’est difficile de convaincre un Attikamek de se présenter à un rendez-vous médical », affirme Sandro Échaquan, un infirmier amérindien. À ses yeux, le modèle de santé conventionnel n’est pas adapté à la réalité autochtone. « Il faut trouver une nouvelle approche pour les soins médicaux en réserve. »
Les Attikameks revendiquent le droit de déterminer leurs priorités en santé. « En offrant des soins de santé de la même façon pour tous, on crée des inégalités. Il faut tenir compte des particularités des autochtones afin de leur offrir des soins efficaces », affirme Sandro Échaquan. Leurs représentants font d’ailleurs valoir leurs demandes auprès de Santé Canada, le fédéral ayant la responsabilité d’assurer les soins de santé sur leur territoire. « L’autodétermination nous permettra d’améliorer la santé de la communauté. »
La priorité en santé pour les Attikameks est la prévention et la promotion des saines habitudes de vie auprès des jeunes. Ces derniers représentent 60% de la communauté. « L’équilibre entre les modes de vie traditionnel et moderne est la solution. Pêcher, aller en forêt, mais aussi étudier, c’est bon pour la santé », affirme l’infirmier qui travaille aussi à l’hôpital de Joliette. Plusieurs aînés doivent, quant à eux, aller vivre dans des centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) pour recevoir les soins dont ils ont besoin. « Ils auraient une meilleure qualité de vie si nous avions des centres pour eux dans les villages. Ils resteraient en contact avec leur famille et leur culture. »
Une pénurie, là aussi
Les Attikameks sont en constante recherche de personnel médical. Un médecin est présent dans la réserve une demi-journée par semaine. « Dans ces conditions, nous devons gérer les urgences, mais nous avons peu de temps pour la prévention, qui devrait être notre priorité. » Les infirmières font le travail du médecin en son absence. « Le taux de roulement du personnel infirmier est élevé. Nous avons donc mis sur pied une formation dans les différents villages afin d’aider les nouvelles infirmières à se familiariser à leur milieu de travail ainsi qu’à une pratique élargie de la profession. »
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Manouane est une réserve autochtone attikamek située à 113 km de Mont-Laurier dont la population est de 1500 personnes.