Avec une conférencière et un titre aussi accrocheur, je pensais bien trouver salle comble à la Grande place de l’espace 400e pour la conférence de Madeleine Gauthier « Quel avenir pour les jeunes »… Eh bien non, à peine une douzaine de personnes se sont présentées et toutes des têtes blanches !
Certes, les organisateurs nous avaient prévenus : en cas de beau temps, il n’y aura pas un chat. Mais tout de même… douze personnes ! Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour favoriser la participation ! Mme Gauthier, étant une sociologue renommée, responsable de l’Observatoire Jeunes et Société, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique, "experte jeunesse" et auteure d’une myriade d’articles et de livres portant sur la jeunesse, a donné une conférence sur l’avenir des jeunes. Comment trouver plus sérieux et captivant ? De plus, une salle agréable meublée de tables rondes invitait à la discussion et aux échanges.
Quelques constats
Devant cette maigre assistance, Mme Gauthier nous a néanmoins offert tout son savoir avec sa douceur habituelle et ses explications simples, illustrant les résultats de ces nombreuses années de recherches.
Voici succinctement quelques constats marquants, à savoir que les jeunes :
étonnent par leurs connaissances de l’actualité, alors que leurs aînés les croient absolument ignorants de l’information ;
constituent la cohorte (les 25-34 ans) la plus ouverte à l’accueil des immigrants ;
deviennent très rapidement autonomes, une conception nord-américaine plutôt qu’européenne ;
fonctionnent davantage sur le mode de la solidarité avec leurs pairs, la solidarité collective ne semblant plus faire recette ;
recherchent la qualité de vie en privilégiant, entre autres, la réussite de leur vie amoureuse à celle de leur vie professionnelle ;
préfèrent enfin un emploi intéressant à un plus stable ou mieux rémunéré.
Quant à la réponse à la question de départ sur l’avenir des jeunes, vous vous en doutez, elle est nuancée. Les craintes que les jeunes ressentent face à leur avenir viennent des responsabilités qu’ils pensent devoir assumer éventuellement envers les générations précédentes. Selon certains secteurs, à savoir ceux de l’emploi, de la participation citoyenne ou de l’éducation, on peut se montrer optimiste ou pessimiste ; mais une des clés pour éviter un scénario pessimiste, serait l’intégration harmonieuse des nouvelles cohortes d’immigrants. Espérons qu’à la suite de l’analyse des récentes émeutes de Montréal, naîtront des solutions concrètes et pertinentes pour une partie importance de notre jeunesse !