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    • Du producteur à l’assiette

    Le vendredi 15 août 2008, par Véronique Comtois

    L’agriculture québécoise est en crise depuis trop longtemps. Les changements viables se font attendre. Pourtant, le rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois propose 49 recommandations audacieuses pour s’attaquer aux iniquités du système et encourager la proximité.

    Pour Éric Proulx, fromager et administrateur de Solidarité rurale, le rapport Pronovost, publié en février dernier, est « la meilleure chose qui soit arrivée à l’agriculture au Québec en 30 ans. » Le rapport propose une réforme pour atteindre l’autonomie alimentaire au Québec. Il suggère de redéployer l’agriculture sur tout le territoire afin de pratiquer une agriculture de proximité. « Les aliments ne devraient pas parcourir plus de 60 à 100 km entre le producteur et votre table. C’est ce qu’on appelle un circuit de courte distribution. »

    Pour encourager l’agriculture de proximité, les citoyens peuvent s’approvisionner chez les producteurs locaux plutôt qu’acheter des produits étrangers. « Les grandes chaînes d’alimentation exercent un contrôle à la baisse sur les prix. Je vends plutôt mes produits directement à la ferme, aux coopératives et aux marchés régionaux », souligne Éric Proulx. Il propose aussi de créer des ateliers locaux de transformation. « L’agriculture deviendrait ainsi un levier de développement régional. »

    Rapport Pronovost

    Solidarité rurale, organisme de promotion de la ruralité

    Isabelle Boisvert

    Avec son projet, Produire la santé ensemble, Isabelle Boisvert veut amener les Gaspésiens à prendre en charge leur alimentation.

    Isabelle Boisvert, agronome et participante au parcours À go on change le monde, lors de l’école d’été 2007, avait en tête de lancer un projet d’agriculture locale en Gaspésie. « Toutes les portes se sont ouvertes pour trouver des partenaires lorsque nous avons proposé d’améliorer la santé de la population par l’alimentation. L’alimentation touche tout le monde et nous permet donc de bâtir un projet de société. » Elle a mis sur pied un plan sur cinq ans afin que la population prenne en charge son alimentation. « On commence par sensibiliser les enfants en leur faisant cultiver un potager. On tente aussi d’approvisionner l’hôpital en légumes locaux pour éventuellement développer l’agriculture de proximité. On veut renforcer la capacité des gens à se réaliser et ainsi avoir une communauté en santé. »


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