À l’aide d’une vidéoconférence, Cai Chongguo apparaît sur grand écran devant un auditorium bondé. Après plusieurs exemples éloquents de torture, de contrôle et de censure exercés par les autorités chinoises, il conclut que la population, tout comme la presse, sont « libres sous le regard de l’État ».
Selon lui, deux grandes volontés s’affrontent en Chine. D’une part, le peuple a besoin de s’exprimer. L’information circule et la liberté d’expression est davantage possible grâce à Internet. D’autre part, l’État chinois y voit une menace et répond par la censure.
Pour donner une meilleure image du pays, le gouvernement tente de contrôler le Web. En plus de bloquer des sites internet, des techniques de dissuasion sont mises en œuvre contre les cyberdissidents. Ceux-ci tentent de la contourner en utilisant des expressions à double sens, mais d’autres optent pour l’autocensure.
L’envers des Jeux
L’Empire du Milieu avait fait plusieurs belles promesses au Comité international olympique, lors de l’obtention des Jeux en 2001. Liberté de presse, amélioration des droits de l’homme... À la lumière de la situation actuelle en Chine, tout cela ressemble à des voeux pieux. Clothilde Le Coz, chef du bureau Internet et libertés chez Reporter sans frontières, estime que les journalistes doivent couvrir les injustices commises par le gouvernement bien avant les résultats sportifs des Jeux olympiques.
Mais l’avenir de la Chine n’est pas tout noir. Les développements d’internet et les quelques mouvements citoyens qui se forment donnent espoir. Les gens s’informent et s’affirment davantage. C’est dans cette optique que Cai Chongguo peut affirmer, avec un bref sourire, que la Chine change.